Du coeur et du cul (enfin, surtout du cul)

comments 11
Art / Livre / Film / Scène

Voilà, le coeur, c’est fait (Jeff Koons, Hanging heart, 23 millions de $) (J’hésite à activer l’option « achat intégré » au cas où l’envie te prendrait de l’offrir à ton/ta valentin(e) – oui, ce billet m’est dicté par l’agenda étam/marionnaud/une histoire d’or/interflora – ça me ferait bien du plaisir de toucher une petite commission).

Le coeur, c’est fait, passons au cul !!

Jeff Koons

oui bon d’accord, Jeff Koons c’est surfait. passons…

D’abord, dissipons un malentendu. Pour une fois, je ne parlerai (presque) pas de moi, de mes us et coutumes en matière de pratiques sexuelles encore moins! ça vous apprendra à vous ramollir du commentaire. J’espère que vous n’attendez pas du jeu concours à la mords-moi-le-noeud pour vous manifester en cohue parce qu’il vous faudrait attendre longtemps. Très longtemps. Heureusement que je peux compter sur les piques de « ouais », sinon qu’est-ce qu’on (je) s'(m’) ennuierai(t) (s) sur ce blog! Un peu comme eux :

 

Martin Parr bored couple majorca spain

Martin Parr, série Bored Couples.

Bref, l’autre jour, un ami de retour du Festival de la bande dessinée d’Angoulême m’a offert un petit album, que vous avez certainement aperçu sur le comptoir d’une bonne librairie, j’ai nommé Les coquins de Marion Fayolle (éd. Magnani). La seule différence entre votre exemplaire et le mien, c’est que le mien a une chouette dédicace !!

Ok, je devine votre déception.

J’ai annoncé du cul (ça s’appelle du teasing – j’vous ai harponnés avec un titre bidon, la suite c’est pas mon problème, débrouillez-vous avec votre frustration, hihi!!), je vous montre une battavia et un petit gris (aussi prénommé Helix aspersa aspersa pour les intimes). Croyez-moi, je suis bien désolée d’avoir à vous rappeler que le titre et les images ne sont jamais contractuels. Depuis le temps qu’on vous abuse, vous devriez le savoir!

L’érotique, il sera parfois lubrique mais surtout décalé. Exit Manara & cie. En compensation, je ne peux que vous recommander cet article de rue 89/l’obs, qui fait le tour de la nouvelle bande dessinée érotique en présentant des lectures un peu plus suggestives et qui ne se lisent que d’une seule main. C’est par ici les obsédés.

Revenons à nos coquins. Marion Fayolle est une jeune illustratrice qui cartonne et qui rappelle que les femmes ont leur place à Angoulême. Non mais.  Dans ce recueil de dessins aussi poétiques que mutiques, elle met en scène des situations intimes, des corps désirants mais désarticulés. Citation :  « Pour moi, les personnages ne sont pas vraiment des humains, ils n’ont pas de prénom, pas d’identité très définie. Je les vois davantage comme des silhouettes théoriques, des sujets à réflexion. C’est sans doute pour cette raison que je les manipule un peu comme des marionnettes, des pantins que l’on peut démembrer sans que cela ne soit trop grave. Comme des vases, ils peuvent se casser en chutant; comme des gâteaux, on peut les partager en parts égales; comme des tortues, ils peuvent rentrer leur tête dans leur corps. C’est pour toutes ces possibilités que j’aime autant le dessin, parce qu’avec lui, on peut tout faire, tout inventer et faire apparaître d’autres visions du réel » (dans un entretien avec les Inrocks).

Chaque image titille un peu cette mémoire lointaine, collective et enfouie, qui a donné lieu à toutes ces expressions imagées du bréviaire érotique. Pourtant, rares sont celles qui donnent pleinement dans l’illustration (« montrer sa lune » ; « brouter le minou »).

MARION-FAYOLLE-en suspens

Etrangement, les corps ont beau être mutilés ou estropiés, ils ne renvoient à aucune brutalité perverse. On serait bien en peine d’y voir une quelconque dénonciation de la de dépossession du corps de l’autre, de son objectivation pour assouvir des désirs égoïstes. Le charme qui affleurent  de ces dessins est peut-être surréaliste mais pas sadien.

MARION-FAYOLLE-Tailler

MARION-FAYOLLE-vénération

MARION-FAYOLLE-serpentin

Dans quelques jours, vous pourrez vous procurer chez son éditeur Magnani la réédition de l’album L’homme en pièces. Quand mon pote me l’a montré, j’étais à deux doigts de lui allumer un cierge, tellement son univers me parle. Quelques saynètes :

Marion Fayolle, la toilette

Marion Fayolle, les mains sales

Les mains sales

Marion Fayolle, l'allumeuse

Marion Fayolle, la voyageuse

La voyageuse

 

Restons chez les auteurEs (S’agissant des lecteurs, la parité non plus n’est pas encore de mise. cf. le bilan sociologique de mes incursions au rayon bd de Gibert Joseph, où j’ai traîné mes guêtres tout à l’heure. garçons 15-1 fille, moi).

Connaissez-vous les BD-Cul des Requins Marteaux? Non? Trop contente de vous les faire découvrir avec le dernier opus paruL’Odyssee du vice de Delphine Panique.

CZACvxHWYAEqE_I

Delphine Panique, L’Odyssée du vice, 2016. Dans le noir, il se passe un truc bizarre, mystère et boules de geisha!

J’espère que la page de garde et la pub de fin vous feront rigoler histoire que je ne me sois pas enquiquinée à les scanner pour rien (oui, mon dévouement va jusqu’à m’infliger des tâches ingrates, façon stagiaire surdiplômée dans une grande entreprise, pour vous arracher un ou deux gloussements) :

Hihi, moi j’me gondole…

L’Odyssée du Vice raconte les (més-)aventures du cosmonaute Roger débarqué sur une étrange planète. Manque de bol, à peine est-il arrivé qu’il perd sa bite. Roger part alors à la recherche de la bite perdue :

IMG_20160211_0001

IMG_20160211_0003

De gaudrioles en grosse partouze, Roger finit par retrouver son pénis après avoir prêté allégeance à sa majesté le Clitoris.

IMG_20160211_0004

IMG_20160211_0005

847298-imagejpg

IMG_20160211_0008

Si ça ne vous ennuie pas, je vais arrêter mes scans pourris, ça devient lassant. J’ai exprès choisi quelques pages explicitement lubriques de la bd de Delphine Panique pour réchauffer l’atmosphère. Cependant, au-delà de ces planches avec bite-chatte-anus, ce livre regorge de trouvailles graphiques et détourne avec brio certains attendus de la bd cul/sf.

Plus rapidement : le Kamasutra des grenouilles de Tomi Ungerer, dessinateur jeunesse. Remplacez les gémissements de plaisir par des croassements, le tour est joué. Pour moi, les batraciens dans la littérature sont associés au livre Les deux amis d’Arnold Lobel (souviens-toi d’Ulul, le hibou ronchon que je t’ai présenté à Noël, même créateur), soit Ranelot & Bufolet, copains comme crapauds. Alors quand mon imaginaire d’enfant se fait culbuter par celui, débridé, d’Ungerer, ça dépote!

Tomi Ungerer_Kamasutra des grenouilles_Couv

Tomi Ungerer_Kamasutra des grenouilles _

Tomi Ungerer_Kamasutra des grenouilles_1

Tomi Ungerer_Kamasutra des grenouilles_2

Pour terminer sur Ungerer, une petite citation tirée d‘un article de Télérama « Si mes livres pour enfants ont survécu, c’est parce qu’ils sont subversifs. Parce que je montre aux gamins comment se moquer des adultes. Ce ne sont pas des imbéciles, ils savent très bien d’où viennent les bébés mais ignorent d’où viennent les adultes. Je me suis toujours adressé à eux d’égal à égal, sans rien leur ­cacher, quitte à parfois les brusquer. Comme je le disais il y a quelques ­années devant une convention de ­pédopsychiatres, il faut traumatiser les enfants pour leur donner une ­individualité ».

Pas rassasiés? Avant d’aller satisfaire vos pulsions sur Youporn, un petit bonus pour la route. Pas de graphisme mais des photos de l’immense Man Ray du couple de pantins, Mr & Mrs Woodman : 

Man Ray Mr & Mrs Woodman_1

Ce diaporama nécessite JavaScript.

SWEET DREAMS ………….

 

Euh, les commentaires c’est par en bas… (comment ça vous n’aimez pas qu’on vous force la main?!!)

 

Publicités

11 Comments

  1. ouais says

    Ça pour moi c est intello!

    Conceptualiser ce qui est simplement primaire et basiquement en chaque être vivant, programmé pour la survie d un genre. (J ai fait exprès de ne pas parler de l érotisme)

    Ungerer est l exemple du type qui fait des déclarations à la con commercialement adaptées à teleramerde. Le pire de l intello provocavendeur bourgeois…

    Le cul c est le cul, et forcément ça nous titille et mettre des mots à la con dessus ça me paraît toujours suspect. L artiste ne perd jamais le nord pour que sa petite entreprise: LUI, ne connaisse pas la crise, donc il va faire du cul pour intellos bourgeois vu que ce sont les seuls à acheter du cul. Intellectualiser le cul pour faire avaler au lecteur sa lubricité dont il a un peu honte, mais là, moins, puisqu il s excite sur de l Art populaire intello.

    Enfin pourquoi pas hein!

    Au moins ça parle à tout le monde le cul, plus que l abstrait.

    J ai bien aimé votre article!
    Et les bd sont plutôt bien, mais les mots des auteurs sonnent faux à mes oreilles.

    Et ce que j ai dit pour le cul je le pense pour l art en générale. Quand un artiste commence à pseudo intellectualiser une oeuvre ca m énerve, bien souvent ca pue le vide conceptuel.

    J aime de plus en pus vous lire!!!!

    J'aime

  2. ouais says

    Oui c est vrai j ai dit deux fois que j aimais vous lire!

    Merde à chiottes!!!!!

    Bordel de cul alzheimerisé par les produits d entretien!!!!!

    Je ne le dirai plus, promis!

    J'aime

  3. HAHA parfait le scan « partez pour les îles enculades » depuis la photocopieuse du travail.
    Sinon la BD sur le thème de « j’ai perdu ma bite » me fait penser aux sketchs du SAV avec en guest start Rocco

    J'aime

  4. ouais says

    Question :

    N est ce pas toujours quelque peu personnel de parler de coeur et de cul, même abordé sous couvert de l art populaire?

    Je suis ravi de tout l amusement que je vous procure, enfin peut être !!!!

    Bon c est bien joli tout ça mais arrêtez de bosser et faites rire ou rêver avec un nouveau post.

    Et je n ai pas radoté cette fois me semble-t-il!

    J'aime

  5. Encore vous!! 5ème message sur ce post, je les compte hein! (je triche à moitié en comptant les ps et les correctifs).
    Et bien j’ai vraiment un boulot monstre en ce moment et je n’ai aucune idée de quoi le prochain post sera fait. ni quand il sera mis en ligne. j’espère que vous avez d’autres blogs sous le coude pour patienter.

    La maxime du jour : Tout vient à point pour qui sait attendre. A méditer.

    J'aime

  6. Ah oui, y avait aussi une question. réponse : il me semble que mon billet ne parlait ni de coeur ni de cul. juste de bouquins jolis & rigolos.

    J'aime

  7. ouais says

    J ai dû mal lire le titre!

    Bon boulot! Mais pensez qu en sortant totalement d un sujet on peu parfois mieux le cerner.

    6

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s