Deux ou trois choses que je sais d’ELLE

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La vie moderne

Je vous recolle la même photo en une parce que je n’ai encore rien écrit de ce qu’elle m’inspirait. Le problème, c’est qu’à ce rythme de croisière d’un billet tous les 36 du mois, augmenté d’un alzheimer précoce, j’ai en partie oublié quel était le sujet que je voulais traiter. Le temps que ça me revienne, autant commencer par quelques digressions supplémentaires, si vous le voulez bien.

En lisant vos précédents commentaires, j’ai été très amusée de voir vos remarques relatives à mon faciès d’ex-roukmout. C’est fou comment le simple fait de poster une photo sans visage, en la présentant expressément comme étant un portrait, peut susciter un intérêt (certes, bien relatif) ou des hypothèses foireuses. Du coup, j’en rajoute une couche avec un titre racoleur (mais on va aussi parler rapido de l’autre ELLE). Drôle de mécanisme que celui de la projection entre blogueur et lecteur (alors que jamais, Grand Dieu jamais, il ne me viendrait à l’esprit de dresser un portrait-robot de mes lecteurs/cobayes!) (ou comment faire flipper les gens et décourager les potentiels commentaires).

sealbod

un Bibifoc roux et albinos, gentiment envoyé par Renardeau

Cette photographie aux teintes un peu passées (la toute première hein), est porteuse de quelques enseignements, d’un intérêt fort limité je vous l’accorde. Elle suggère d’abord que, gamine, l’auteure de ces lignes était un hybride de Fifi Brindacier et de Laura Ingalls, capillairement parlant (si vous aimez le « Journal de mes cheveux » de Garance Doré, n’hésitez pas à le signaler, j’ai de quoi lui faire rude concurrence). Que, depuis lors, elle (enfin « je ») ne mange pas de lapin à la moutarde (interdit alimentaire qui m’aura valu quelques embarras dans le passé, sans doute dans l’avenir aussi). Distillées en prévision de l’éventuelle ouverture d’une fan page, ces quelques informations sont en soi passionnantes mais ce n’est pas là que je voulais en venir.

Au-delà de ma lapine (R.I.P. Marguerite 1987-1994), ce qui fait signe sur cette image, ce sont tous les détails qui passent presque inaperçus : le stylo-plume à motifs Arlequin. Avec ce bô stylô, j’apprends à lire à (feu) ma lapine, douée d’une intelligence précoce (imaginez Socrate dans une boule de fourrure, la parole en moins) (c’est la raison de sa présence sur ma table-bureau. Sinon, c’était la cage, les barreaux, une persistante odeur d’urine, l’enfermement) (beaucoup de parenthèses, n’est-ce pas?, mais je vous ai prévenus, aujourd’hui  c’est digression).

Je n’ai pas fini mon énumération : le premier bureau, la corbeille à papier à l’arrière-plan gardée des années jusqu’à ce qu’elle soit vraiment trop cabossée, sur la tablette qui surplombe le radiateur, dans le recoin à droite, quelques uns de mes trésors d’alors à savoir, une luciole – tellement cool – et un minuteur rouge (faut croire que mes problèmes de gestion du temps remontent à loin…).

Enfin, je porte un chemisier piqué de fleurs ou de fruits rouges, que je trouvais trop chouette, déjà parce qu’il avait un col de fille, ensuite parce que c’était l’une des rares fringues à n’avoir été portée ni par mes cousins ni par ma soeur avant d’atterrir dans mon armoire. Si vraiment vous tenez à tout savoir, en bas, il y a soit un pantalon en velours à grosses côtes (fifi brindacier), soit une jupe plissée vert sapin (laura ingalls). Données importantes pour mon futur fan-club ( une page wikipédia ira aussi bien)

Comme l’autre jour je relisais Les Choses de Georges Pérec, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un brin de nostalgie pour cette époque où mes possessions matérielles étaient limitées à quelques babioles à haute valeur affective.

Soyons clairs : je n’ai pas attendu d’avoir une carte bancaire pour mettre les pieds dans la société de consommation et devenir esclave de mon désir de posséder. J’ai passé des années à être souvent frustrée par une éducation « à l’ancienne », c’est-à-dire à lorgner sur le merveilleux monde en plastique formé par les jouets des copines, sur leurs vêtements (de fille, de marques) parce que pour ma frangine et moi, c’étaient  les bermudas et les velours côtelés rapiécés des cousins qui faisaient notre ordinaire vestimentaire. En même temps c’était rigolo car les habits arrivaient deux fois par an, empaquetés dans de grands sacs poubelles contenant les vêtements des cousin(e)s. Ma soeur et mois les accueillions avec des glapissements de curiosité et d’excitation qui viraient ensuite en geignements après avoir enduré de mémorables séances d’essayage, au cours desquelles nous étions soumises à l’épreuve, que dis-je, à l’ordalie, des ajustements/ourlets (= des aiguilles plantées par mégarde dans les mollets). Conseil de  modeuse d’amie : dégotez-vous un bon tailleur  Arménien de préférence et un bon cordonnier (je cherche encore y-a-t-il une nationalité de référence?), vous ne me remercierez jamais assez (ou apprenez à vous servir d’un fil et d’une aiguille).

Le temps de l’innocence n’a pas duré.

A l’adolescence (que j’ai eue bête et rebelle), la situation s’est corsée ET améliorée. Comme fallait pas trop compter sur l’argent de poche ni sur les virées shopping mère-fille, j’ai commencé à gagner mes premiers kopecks en faisant des babysittings, j’ai découvert les puces et Guerrisol, j’ai aussi commencé à voler (par déontologie, je me suis cantonnée à la sphère des grands magasins). Le babysitting, c’est très bien mais ça a aussi de nombreux revers, le moins connu mais le plus dommageable sur le long terme étant le piège sournois des magazines féminins abandonnés dans le salon. ELLE est entrée dans ma vie à l’orée de l’adolescence, lecture religieusement pratiquée dans le confort de canapés douillets et la quiétude de la nuit (récompense suprême après avoir enduré les jérémiades de gamins récalcitrants au coucher). Comme à l’époque je lisais encore ELLE – jusqu’au jour où une amie plus à la pointe m’a fait comprendre que ELLE ne se lisait pas mais se feuilletait. Inutile de déverser votre bile sur l’omniprésence de la publicité à côté de reportages sur les enfants décharnés et autre joyeusetés, les pages des annonceurs sont souvent les plus intéressantes à regarder – j’en avais pour un bon bout de soirée. C’est ainsi que passée l’époque des babysittings, j’ai fini par prendre le pli et à faire spontanément une halte en kiosque en fin de semaine, même à m’abonner.

Toute seule, comme une grande, j’ai commencé m’imbiber le cerveau de mode et d’injonctions (plutôt vécues comme des envies d’ailleurs) à consommer. Je ne vous raconte pas le calvaire pendant les 1 an 1/2 où, étudiante, j’ai bossé en grand magasin: hors de question pour moi d’envisager de tirer quoi que ce soit (la surveillance est autrement plus étroite sur le petit personnel) et calculs d’apothicaire pour prévoir l’échéancier de mes achats tellement les sollicitations étaient fortes (au final, j’ai été très raisonnable et je me suis contentée d’une paire de pompes en deuxième démarque, avec mon rabais de vendeuse). Tout ça pour dire que même si je refrène mes achats, j’ai des phases d’obsession en mode buy or die.

Ca doit faire un an que j’essaie de me désintoxiquer c’est-à-dire de me limiter aux  « spécial mode » bisannuels.

A quelques exceptions près:

  • quand je voyage, je perds toute dignité et je fais une razzia au Relais H de la gare/aéroport (Attention, je ne consomme pas la presse pipole parce que Paris Match et Gala ont beaucoup moins d’intérêt s’ils ne sont pas présentés sur la table basse d’une quelconque salle d’attente et parce que je ne sais jamais qui sont ces gens dans closer & co) (en revanche, les textes et les légendes des photos en particulier ont un vrai intérêt littéraire)
  • quand il y a une piscine dans les parages
  • quand je fais une rechute. Ouais, marrez-vous les enfants mais c’est pas facile de se sevrer même lorsque l’enjeu en vaut la chandelle = couper la spirale des désirs débiles par la racine (franchement, je me demande pourquoi j’ai pas fait blogueuse mode, la vie serait tellement plus simple…).

Je sais pertinemment que je serais bien plus apaisée si je n’avais pas toujours besoin de m’envoyer des images dans le cerveau, si je m’épargnais ces phases un peu pénibles marquées par l’envie, la frustration, l’achat compulsif, le retour du produit. Mais j’y retourne toujours. Pire, comme pour compenser l’absence imposée de magazines féminins, je consulte de plus en plus les sites des marques (je ne vous raconte même pas le temps perdu depuis quelques semaines avec les nouvelles collections à compulser) notamment lorsque j’ai besoin de faire une courte pause. Si j’étais sur facebook j’irais peut-être sur facebook comme plein de gens mais j’ai pas facebook. Cliquer sur un de ces sites revient à appuyer simultanément sur la touche « erase » de mon cerveau. Du coup, j’accepte de donner gratuitement 5 minutes de « temps de cerveau disponible » aux marques.

Les gens sages et bien intentionnés de mon entourage me suggèrent de remplacer le clic par une autre activité comme manger une pomme, faire un tour de pâté de maison, lire trois pages, méditer 5 minutes, ou que sais-je encore. Très bien. Sauf qu’il me manque mon clic, c’est-à-dire un stimulus de plaisir suivi d’une brève décharge qui n’exigent ni concentration ni effort. Juste un shoot d’intensité.

Comme je suis blindée de contradictions, l’une de celles qui me tenaille le plus puissamment est la suivante :

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Claire Brétecher. Illustration envoyée par A. qui me connaît bien (sauf que je ne fais que très épisodiquement les boutiques « en dur »).

Si je suis partie dans un récit « confessions intimes » c’est parce que je ne pense pas être un cas unique au monde. J’en discutais il y a quelques temps avec le diable de bons amis qui ont une marque de vêtements qui cartonne, à qui je faisais donc part de mon envie de moins consommer comme de ma difficulté à changer d’habitudes. Ce à quoi ils m’ont objecté que 1°) si on arrête de consommer, l’économie périclite 2°) c’est dans la nature humaine de désirer, sinon on se dessèche et on meurt. Je ne nie pas ce dernier point, j’aimerais simplement pouvoir canaliser cette énergie et la rediriger vers autre chose, de moins chronophage et de moins dispendieux tant qu’à faire. Et trouver un ersatz efficace pour me vider le cerveau sans encourager ma tendance à la procrastination, soit résoudre la quadrature du cercle.

Conclusion provisoire : je ne suis pas une n-ième aficionado de Bea Johnson et du ZD (zéro déchet). En plus, je suis persuadée que dans la vague du slow, de la décroissance, considérée à l’ échelle individuelle, il y a souvent une forme d’excès mais inversé, qui penche vers l’auto-contrainte et l’auto-contrôle (soit une autre façon de faire allégeance aux diktats de la performance). Mais c’est un autre débat, que je me promets de ré-ouvrir à l’occasion.

Et vous, quel est votre degré de poufitude? Toutes ces sollicitations-addictions quotidiennes, vous les gérez comment? Avez-vous trouvé des parades? Que faites-vous pendant vos pauses?

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16 Comments

  1. ouais says

    1

    Mais quelle est donc cette photo que vous commentez, celle du phoque?

    Le truc sinon c est de ne désirer et contempler que des objets rares parce qu on ne pourra jamais les avoir. Et du coup pas de frustration!

    Durant les courtes pauses, on peut commenter des blogs où des gens projettent un MOI à travers leurs choses. Et on essaie de voir tout ce qu ils ne sont pas de ce qu ils aimeraient être. Autant dire qu on projette un roman sur un autre roman. Du coup c est très très n importe quoi!!!!

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  2. ouais says

    Comme tout humain il est lourdement pesant et élevé !:d

    Je peux regarder un film en 10 fois 10m. Commenter 5 fois votre blog ou un autre, regarder de beaux instruments de luthiers 1000 fois, ou d autres machins du genre, imaginer la vie des blogueurs en les lisant, chier sur un truc que je déteste (mais sue je prends un malin paisir à regarder) juste pour le plaisir de râler…

    Je ne suis pas foot, ni aucun sport télévisuel, pas magazine masfecunin.

    En fait ma poufitude c est d imaginer des réels imaginaires et contempler un nuage, un oiseau, le vent, le bruit.

    Aller dans un magasin est un suplice, alors quand je craque c est sur le commernet.

    Voilà. Bien entendu je n ai dit que ce que je voulais que vous lisiez, tout n est pas faux, rien n est totalement juste, mais projection oblige!

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  3. « tout n’est pas faux, rien n’est totalement juste ». si vous le permettez, je crois que je vais me l’approprier en version remaniée pour la glisser quelque part dans mon profil de blog (sans vous créditer, cela va de soi).
    Pfff…. vous êtes vraiment loin d’être une pouffiasse, c’est nul.

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  4. ouais says

    5

    Faites, j aime bien être l anonyme ignoré un peu inspirant (il faut dire que j ai l habitude de l être, même quand ça m emmerde:d)

    Je ne suis pas très pouff, j en suis sincèrement désolé. Je suis plus proche d une chiottasse que d un pouffiasse!:)

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  5. AH cet article me GALVANISE (du coup attention: commentaire pavé).

    J’ai eu une période pouf (pas de la pouf de compétition, disons un commencement de pouffisme) aux alentours de la vingtaine. C’était une période où je me faisais très très chier en stage et où j’avais commencé à zoner sur les blogs de mode (quand on a écumé la totalité de l’internet mondial, il ne reste plus que les bas-fonds). Le principe des blogs de mode est le même que celui des magazines féminins: éveiller le désir pour pousser à la consommation (vu que c’est un peu ça qui sous-tend leur modèle économique). Et même si on se croit au dessus de tout ça grâce à des années de lectures critiques (simone de b et le monde diplo), on tombe la tête première dedans car ce genre de média ne s’adresse pas à la partie évoluée de notre cortex cérébral mais à notre cerveau reptilien. Celui qui est sensible au désir mimétique, i.e: je vois que quelqu’un a quelque chose donc je le désire aussi car s’il l’a lui c’est que c’est forcément bien. Ah ça on peut aussi rajouter une touche de « honte de classe » (se sentir moche car on n’est pas assez bien habillé, vouloir s’intégrer (même de manière inconsciente) à un milieu social) et on tombe assez vite dans le drame des achats compulsifs sur Asos le dimanche soir.

    En vrai j’exagère. J’ai la chance d’être un peu radin (enfin, pas radin, mais d’avoir gardé de mon éducation une forme de culpabilité à dépenser de l’argent pour des trucs dont je n’ai pas besoin). Du coup je n’ai jamais trop surconsommé des vêtements. Mais j’ai perdu pas mal de temps sur les sites des différentes marques oui, à la recherche du truc parfait (qu’on ne trouve évidemment jamais).

    Mon avis sur la question (ou les choses qui m’ont fait évoluer et qui m’ont permis d’arrêter complètement ce genre de glandouille malsaine):

    – le cercle vicieux travail-consommation. Faire un boulot de merde pour avoir de l’argent pour consommer, c’est un peu ma vision de l’enfer. Comme mon objectif dans la vie, c’est de m’extraire du salariat avant mes 30 ans (noble projet, nous en conviendrons), ça ne laisse pas beaucoup de place à la consommation inutile. J’achète ce dont j’ai besoin et c’est tout. Le plus important c’est de mettre de l’argent de côté pour les choses qui en valent vraiment la peine (un super beau sac en cuir ne remplacera jamais la joie de pouvoir dire fuck à son chef, de démissionner et d’aller ouvrir un gite en basse-provence).

    – il faut quand même se rendre compte que la plupart des objets que les magazines féminins / blogs de mode nous font désirer ont des prix complètement indécents. Ils réussissent à nous faire croire que c’est ok de s’acheter des chaussures à 500 euros (on a même l’impression que c’est normal car « c’est le prix de la qualité »). Résultat: des produits de luxe sont aujourd’hui achetés par des gens qui n’en ont pas les moyens (le genre de nana qui est prête à mettre le même montant que son loyer dans une pièce à la mode, et ne se rend pas compte que c’est un putain de problème pour ses finances publiques).

    -l’argument « il faut bien consommer car ça fait tourner l’économie » me fait doucement ricaner (en fait non: ça me met hors de moi). Car c’est juste faux… là pour le coup, tu récites juste un argument de type café du commerce sans avoir vraiment investigué la question… lis alternatives économiques! (et en plus je ne suis même pas un aficionado de la décroissance, comme toi je pense que Béa Johnson est une grosse névrosée psychorigide)

    -la planète n’est pas faite pour résister à un système économique qui serait en croissance infinie. On ne peut pas avoir de croissance infinie dans un monde fini, c’est comme ça. Surtout à une époque où c’est tellement important de se soucier de l’écologie (déso d’être rabat-joie mais c’est vrai), être dans la revendication de la consommation c’est un peu être comme un romain décadent qui se gave de poules farcies et de bonbons sucrés allongé sur son divan alors que sa civilisation tombe en ruine…

    -la vie est courte et si jamais un jour il t’arrive un truc grave qui te laissera unijambiste et borgne, avec 30 jours d’espérance de vie (ce que je ne souhaite pas car je souhaite la survie de ce blog haha), tu te diras que tu as perdu un temps précieux dans des conneries…comme dit citron g dans son dernier article sur « comment être intelligent », il y a tellement de choses à faire, découvrir sur terre que c’est limite criminel de perdre le peu de temps qu’on a.
    Tu parles du désir; c’est un argument assez juste mais je pense que justement le but de la vie, c’est un peu à la Freud de « sublimer ses désirs »: s’extraire des désirs qui nous tirent vers le bas (niquer la chèvre du voisin compulsivement, faire les grands magasins un jour de soldes) et s’ouvrir à des désirs « supérieurs »: désir de connaissance (lire tous les plus grands livres jamais écrits), désir de maitrise de son corps (devenir un pro du yoga), désir d’expériences (les expériences contrairement à la consommation sont souvent gratuites et plus enrichissantes pour le Moi) etc. Au final dans la vie, qui sont les gens que tu admires le plus? Ceux qui sont bien habillés? Ou ceux qui ont une BELLE ÂME? (oui cette phrase est sponso par Jean-Paul II)

    Conclusion: moi quand je m’ennuie, quand je me sens pas bien ou que je suis dans une « pause courte » où je peux pas vraiment commencer un « vrai projet », je lis compulsivement l’actualité. Je suis pas sûre que ça soit bien mais c’est moins pire que d’aller sur Asos ^^

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    • merci pour ton long commentaire et tes analyses.

      J’ai oublié de parler aussi de l’effet dévastateur qu’ont eu quelques temps sur moi les blogs de mode parce que je voulais pas trop m’accabler non plus. sois rassurée : je ne suis pas une modeuse.
      Pourtant, appartenir à certains milieux rend plus sensible aux jolies choses et à l’importance du détail (les salariés des grandes entreprises m’ont rarement subjuguée par leur apparence vestimentaire versus ceux qui gravitent dans le champ de l’art). Pour simplifier grossièrement.

      Je suis d’accord avec toi pour le cercle vicieux travail-consommation. Il s’avère que j’ai un statut pro très particulier et que ce schéma ne convient pas du tout à ma situation. Et à dire vrai, je suis extrêmement précaire = impossibilité d’économiser (je déconne pas). je vais pas m’étendre sur le sujet mais à un moment, quand on est pris par le court terme, la consommation immédiate (fringues, sorties, consommation culturelles) devient l’une des seules choses accessibles (et encore) (enfin, n’empêche que je commets parfois d’énormes incartades). Je me rends compte que ce n’est pas très clair en l’écrivant. En l’état actuel des choses, je ne peux pas avoir un projet sur le long terme (et encore moins un projet qui implique de l’épargne). Le tien est très chouette en tout cas 😉

      L’éducation ne fait pas tout. il y a aussi les tempéraments. ma soeur a pris le pli de l’épargne (et est très fourmi). je suis cigale. Etre fourmi ou cigale, ça vaut pour l’argent mais pour beaucoup d’autres choses aussi. Or, j’aime parfois me vautrer dans les excès. Etre seulement dans l’instant. malheureusement pas au sens noble du terme. parce que parfois le principe de jouissance terrasse tout sens de la mesure. j’en suis pas très fière. alors la « sublimation » parfois je l’envoie valdinguer avec un doigt d’honneur.

      l’argument : consommons et sauvons l’économie n’est pas le mien. Je ne le partage pas. Je suis entièrement d’accord avec toi sur la question écologique et l’incompatibilité absolue qu’il y a à poursuivre sur un même modèle de développement. J’avais commencé à pondre un long billet dessus au moment de la Cop21 mais je l’ai jamais fini.

      Pas convaincue par la solution « cliquons sur l’actu ». parce que je ne suis pas du tout addict à l’actualité (même si oui, je vais regarder les gros titres et je parcours quelques articles)

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  6. C’est un sujet complexe non? En soi je trouve que la mode peut être un lieu de création et d’inspiration tout à fait pertinent et disons le un moyen de se réaliser. Moi je porte le même uniforme toute l’année parce que regarder des collections ou des vitrines de fringues ne m’intéresse absolument pas (et ça me va très bien). Mais je comprends très bien qu’on puisse mettre son désir dedans et même l’entretenir. Bien sûr comme dans tous les domaines, il y a un côté obscur (pouffitude, matières lycra, chaînes genre Zara et 99% des blogs mode). Mais il y a tellement d’autres alternatives, surtout si on a la chance d’habiter Paris : second hand ou vintage, petites marques artisanales, créateurs inspirants (il en reste), écrits de Maud Molyneux…
    Bref je ne vais pas jouer les mères la morale en disant « comment, mais tu achètes encore des fringues, c’est tellement 2005… », on a tous nos zones de névroses ou de désir, moi j’en ai d’autres, et le vêtement n’est pas un sujet si vain que ça. Dans un monde qui devient de plus en plus laid, s’habiller avec élégance et personnalité reste pour moi une façon de résister à l’uniformisation, à la vulgarité et au « Règne de la quantité » (putain citer Guénon dans une discussion sur la mode, il fallait le faire). Désolée pour le commentaire fleuve, mais comme le dit l’ami Renard, le sujet le mérite !

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  7. En fait, je pense vraiment que « la mode est un lieu de création et d’inspiration ». J’aime beaucoup les tissus (les regarder, les toucher) et dans une autre vie peut-être, je ferai designer textile. Je suis aussi sensible à toutes les formes d’expression qui ne passe pas par le langage.
    N’empêche que depuis des années déjà, je ne regarde plus la mode dans ce qu’elle a de meilleur mais je me contente de flatter mes bas instincts de consommatrice.

    Tellement d’accord avec ton argument sur le monde uniforme et la laideur ambiante et le refus d’y succomber. Je reviendrai dans un autre billet sur cette tendance contemporaine à poser un regard surtout esthétique sur le réel (c’est pas top non plus) mais je fais partie de ces personnes qui développent une humeur dépressive lorsque l’environnement est trop laid. vraiment.

    il y a des alternatives, certes. dans ma vingtaine, je me suis beaucoup sapée en fripes, j’ai traîné mes basques dans les vide-greniers, j’ai perdu un temps fou sur ebay. Maintenant je n’ai plus vraiment le temps de faire les magasins, j’ai juste envie de sortir en courant d’une boutique de fripes (trop de fringues accumulées) (idem chez h&m, zara & cie mêmes raisons) (=nausée).

    Maud Molyneux. J’avais écrit son nom sur un carnet mais ça m’était sorti de l’esprit. Tu me donnes une très chouette idée #éditionsRueFromentin

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  8. ouais says

    6

    Bon, c était pour dire que merde de chiottes hein, quand même, foutre de cul irradié!!!

    10 jours!!!!!!!

    Et allez pas me ressortir que tout vient à point à qui sait se pendre!!!!!!!

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  9. Caroline says

    Super post, super commentaires (de Renardeau, entre autres).
    Je suis d’accord que le zéro déchet et la recherche de la perfection sont excessifs à leur manière…

    Personnellement, j’aime les belles (très belles) matières et j’essaye de ne pas consommer plus qu’avant, alors que je pourrais (je gagne bien mieux ma vie qu’il y a 10 ans). Mais j’achète des choses plus chères, pas forcément de meilleure qualité, vu qu’en 10 ans, on a beaucoup perdu de ce côté-là, mais j’achète de manière plus impulsive, sans attendre ebay, ou les soldes, ou que sais-je.
    Ça occupe beaucoup moins de temps de cerveau, au final. Et comme Renardeau, je n’aime pas du tout l’idée de dépenser de l’argent n’importe comment (mon éducation stricte), j’achète tout de même assez peu.

    Quant à regarder les sites, il faut voir ça comme une distraction rapide (ça ne prend pas beaucoup de temps) et pas non plus se mettre la rate au court-bouillon.
    Zara.com n’empêche pas la lecture de Marguerite Yourcenar ou Georges Perec (je vais relire Les Choses, tiens).

    Enfin, ce que je voulais dire, c’est que j’ai entrepris il y a quelques années de longs voyages et qu’aujourd’hui, j’ai l’impression de me situer dans une réalité un peu déplacée, moins centrée sur la France, son nombrilisme (et ses fringues)… Et bien, c’est une sacrée respiration et cela permet d’aspirer à quelque chose de plus grand…

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  10. Merci beaucoup pour votre commentaire et vos remarques (ainsi que pour l’inscription au blog : vous avez bien raison, mes billets se font parfois attendre!)

    Pour les matières, je suis tellement d’accord avec vous sur la médiocrité de leur qualité qui semblait réservée aux enseignes de la fast fashion mais qui a gagné de nombreuses marques « milieu de gamme ».

    J’imagine très bien à quel point l’éloignement permet de relativiser. Paris (et les Parisien(ne)s) sont source de beaucoup d’envies! Il suffit parfois simplement de quelques kilomètres pour que toute cette bulle semble bien vaine 😉

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